Les écologistes et les environnementalistes le prédisent depuis plusieurs années : un jour, l’eau supplantera le pétrole et deviendra l’or bleu. Sa rareté pourrait même provoquer des guerres et des exodes massifs. Nous en sommes là, ou presque.

Récemment, le premier ministre de Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan, y allait d’une déclaration fracassante. Il affirmait qu’environ 400 millions d’Africains sont privés d’accès à l’eau potable. Pour en obtenir, ils doivent marcher des milles et des milles, ou se tourner vers des sources plus dangereuses, voire impropres à la consommation.

En fait, sur le continent africain, seulement huit pays, sur 53, devraient répondre, en 2015, aux exigences de l’ONU en matière d’alimentation en eau potable. Ce sont l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Libye, le Botswana, l'Angola, l'Afrique du Sud et l'Égypte.

Les autres sont en déficit… Pourtant, le continent renferme assez d’eau pour étancher la soif de tous ses habitants. Les experts estiment que la nappe phréatique renferme 5400 milliards de mètres cubes d’eau potable. La puiser pose toutefois problème pour des populations qui manquent d’outils, et de moyens, pour creuser les puits d’accès à ce précieux liquide.

Et l’eau consommée, réputée non potable, cause également des problèmes. En fait, 70 % des lits d’hôpitaux sont occupés par des personnes qui ont contracté des maladies évitables, liées à la qualité de l’eau consommée. Les pathologies diarrhéiques et le choléra sont légion, et font des milliers de victimes.

Ce sont les enfants les plus touchés. L’eau non potable entraîne un problème de malnutrition qui est fatal pour quelque 2,6 millions d’enfants chaque année. Et d’ici les 15 prochaines années, l’organisme Save the Children estime que 450 millions d’enfants sont menacés.

Pour le premier ministre ivoirien, cet accès limité à l’eau potable entraine non seulement un problème de santé publique, mais il nuit au développement économique du continent qui comptera, en 2050, 2,4 milliards d’individus.

Le temps presse. Il faut corriger la situation le plus rapidement possible. Quatre cents millions de personnes, c’est un nombre considérable d’individus menacés. Pis encore, 250 millions d’entre eux n’ont même pas accès à une toilette.

 

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