Imaginez, vivre sur un toit et profiter de la vue panoramique qui s’offre à vous. Un luxe? À Hong Kong, les plus pauvres vivent dans des cahutes, entre ciel et terre.

Et certains n’ont guère le choix. Face au coût des logements — un condominium haut de gamme coûte jusqu’à 50 millions de dollars — de nombreux travailleurs ne peuvent s’offrir le luxe de vivre à l’abri des intempéries. Au surplus, il leur faut attendre plusieurs années pour obtenir une place dans des habitations à loyer modique.

Rapidement délogés s’ils désirent s’établir sous un pont ou dans un parc, les moins bien nantis optent donc pour les toits, avec les dangers que cela comporte. Ces habitations de fortune, construites en tôle, en bois et en briques, abritent des petites familles, parfois une dizaine sur un même toit. Elles sont soit propriétaires, soit locataires d’un espace, au 5e, 10e ou 20e étage d’un immeuble.

Sous leurs pieds, des appartements, dont la caution (un montant versé au propriétaire en cas de bris ou de non-paiement de loyer) de même que le premier mois de location nécessite parfois un déboursé de 10 000 $, sont occupés par des gens plus fortunés, ou qui travaillent de longues heures pour se payer ce petit « luxe ».

Cahutes Hong Kong

Mais ces habitations modestes sont fragiles. Les occupants craignent les grands vents, les tempêtes et les typhons. De plus, elles sont mal adaptées à la chaleur moite du pays. Pis encore, le gouvernement local veut les déloger. En 10 ans, 400 000 habitations ont été détruites. Mais il en resterait 170 000, la plupart insalubres et/ou non sécuritaires.

Ce faisant, les Hongkongais, souvent des immigrants, ont donc réinventé l’expression « avoir un toit au-dessus de la tête ». Certains disent depuis une trentaine d’années : « avoir un toit sous les pieds ».

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