Les hommes, c'est connu, ont la fibre belliqueuse. Ils n'hésitent pas à sortir les poings, ou les armes, pour défendre leur pays, leur tribu ou leur honneur. Mais un groupe de femmes du Sud-Soudan en ont assez de cette attitude macho. Elles font la grève… du sexe.

C'est un groupe de 90 femmes qui a lancé l'idée, voilà quelques jours. Ces militantes pour la paix espèrent ainsi convaincre les belligérants de mettre fin à 10 mois d'un conflit opposant les partisans du président Salva Kiir à ceux du vice-président Riek Machar. 

L'objectif est simple : elles souhaitent convaincre toutes les femmes du Soudan du Sud de refuser d'effectuer « leur devoir conjugal » jusqu'à ce que la paix revienne dans le pays afin de « faire avancer la reconstruction et la réconciliation ». 

Si le geste peut sembler symbolique, il est plutôt lourd de sens. Depuis le début du conflit, on compte les morts par milliers et plus de 1,8 million de personnes, surtout des vieillards, des femmes et des enfants, ont été déplacées. Pis encore, en octobre, la porte-parole de l'ONU responsable de la violence sexuelle a affirmé qu'elle n'avait jamais vu autant de viols dans un seul conflit. 

Le mouvement sera-t-il efficace? Pour le moment, plusieurs femmes ont emboîté le pas. 

Ce moyen de pression, qui remonte à l'Antiquité, porte souvent des fruits. En Colombie, en 2011, les femmes du village de Santa María del Puerto de Toledo de las Barbacoas, sur la côte du Pacifique, ont obtenu, après trois mois d'abstinence, qu'une route soit construite pour relier la localité au reste du monde. Et ailleurs sur la planète, des femmes ont eu gain de cause… en serrant les genoux.

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