La réalité dépasse parfois la fiction. Jadav Payeng mérite, à juste titre, le titre de « L'homme qui plantait des arbres ». Et on ne parle pas du héros du livre de Jean Giono (1953) ou de celui du film d'animation de Frédéric Back, mais bien d'un Indien qui, à lui seul, a planté une forêt.

Jadav Payeng a entrepris sa mission en 1979. Cette année-là, après une crue du fleuve Brahmapoutre, Jadav, alors âgé de 16 ans, a découvert des centaines de serpents morts sur le sol, lorsque les eaux se sont retirées. Et il a dû se rendre à l'évidence. Faute de couvert forestier, les reptiles au sang froid, non protégés, étaient déjà morts de chaleur. Il a alors alerté les autorités qui lui ont répondu que rien ne pousserait dans ce sol sablonneux. 

Mais impossible ne semble pas faire partie du vocabulaire de l'Indien. Il a donc quitté famille et amis pour s'installer sur le banc de sable et planter, un à un, des bambous. Matin et soir, il arrosait et taillait ses pousses, espérant faire revivre ce coin de pays aride.

Sa patience et son labeur ont porté fruit. Au bout de quelques années, le banc de sable est devenu une forêt de bambou. Les animaux, dont certains en danger de disparition, ont commencé à fréquenter le secteur, puis les oiseaux sont revenus.

Avec l'aide de fourmis rouges importées de son village, il a réussi à modifier la composition du sol. Plantes et fleurs se sont mises à croître dans cet environnement jadis hostile.

Il aura fallu trente ans à Javad Payeng pour obtenir une forêt de 1359 acres où évoluent des animaux tels l'éléphant d'Asie, le rhinocéros à une corne et le tigre royal du Bengale. Et il vit toujours en ermite dans sa forêt luxuriante, heureux.

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