C’est dans la controverse que le zoo de Copenhague a euthanasié Marius, un girafon de 18 mois en parfaite santé le 9 février dernier. Malgré une pétition de plus de 20 000 signatures, une offre d’achat de 700 000 dollars et une proposition d’adoption d’un zoo suédois, l’animal a été tué avec un pistolet à fléchettes avant d’être autopsié et dépecé devant public. La carcasse a ensuite été donnée aux lions du zoo.  

lion mangent marius girafe copenhague
Photo: Rasmus Flindt Pederse/POLFOTO

La raison de cette euthanasie? La girafe ne présentait pas un patrimoine génétique suffisamment original. Le zoo dit avoir suivi les recommandations de l’Association européenne des zoos et des aquariums (EAZA) dont il fait partie. En raison de ses gènes trop similaires à ceux des autres girafes des 347 zoos de l’association, Marius n’aurait pas pu servir à la reproduction. Or, selon l’EAZA, la castration est jugée cruelle, en plus de provoquer des effets secondaires indésirables, et la réintroduction de la girafe dans son habitat naturel aurait été très difficile. Et l’offre d’achat? Le porte-parole du zoo de Copenhague a expliqué qu’en raison des standards élevés auxquels adhèrent les zoos de l’EAZA,  il est déconseillé de vendre les animaux à des zoos ne faisant pas partie l’association, et ce, pour leur bien-être. 

Bref, l’histoire suscite beaucoup de réactions et soulève également quelques questions. Plusieurs groupes de protection des animaux demandent pourquoi l’EAZA permet l’accouplement d’animaux dont les bébés seront euthanasiés. On s’indigne aussi du fait que le zoo a attiré les visiteurs pendant un an avec un attendrissant bébé girafe qui était condamné dès sa naissance. L’existence même des zoos est remise en question par certains. Du côté de l’EAZA et du zoo de Copenhague, on explique que le contrôle des populations est pratiqué par tous les zoos et que la réaction émotive vient surtout du fait que la girafe est un animal aimé. Bengt Holst, le directeur scientifique du zoo, estime qu’il n’y aurait pas eu pareille réaction s’il avait été question d’une antilope ou d’un cochon.

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