Algues vertes Brésil

Il n’y a pas que les lacs québécois qui sont aux prises avec des algues bleues. Au Brésil, une masse d’algues vertes en décomposition, visible de l’espace, a envahi le littoral atlantique.

Cette fois, les scientifiques n’ont d’autre choix que de parler de réchauffement climatique. Ce facteur, de plus en plus inquiétant, est à l’origine de plusieurs phénomènes, dont l’apparition de cette masse d’algues : la plus grande jamais observée dans ce pays d’Amérique du Sud.

La masse, située au sud-est du pays, a une superficie de 800 kilomètres carrés. Elle s’étend de Rio de Janeiro à Santa Catarina, plus au sud. Elle fait donc près de deux fois la taille de l’île de Montréal, rien de moins. Les satellites la surveillent de près. Et elle nuit aux Brésiliens qui désirent se baigner en cet été austral.

Mais d’où proviennent toutes ces algues? La réponse est à la fois simple et complexe. Sa formation est attribuable au mariage de phénomènes climatiques inhabituels. Ainsi, une masse d’air chaud et sec bloque l’arrivée de fronts froids. Cette chaleur, agréable pour les baigneuses et baigneurs (nombreux sur les plages de Rio), a fait grimper la température de l’océan à plus de 30 degrés Celsius. C’est 2,5 degrés de plus que la moyenne enregistrée ces 40 dernières années.

Et, comme le front est chaud et sec, la pluie s’est faite rare au Brésil cet hiver. En fait, il n’est tombé qu’une soixantaine de millimètres de pluie en janvier, alors que la normale mensuelle est de 202 millimètres. 

Au surplus, la masse d’air, presque immobile, ralentit les courants maritimes. La masse et donc figée, ou presque. Et la chaleur, parfois plus de 40 °C, provoque le phénomène de décomposition des algues... et une désagréable texture. Ces phénomènes, conjugués, ont donc entrainé un important déséquilibre de l’écosystème marin. 

Donc, si vous allez au Brésil cet hiver et que vous voyez des bonshommes verts, ce ne sont pas des Martiens, mais bien des baigneurs.

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