Chaque printemps, Cliquetis parcourt des milliers de kilomètres pour rejoindre l’élue de son cœur, Petite, une cigogne handicapée qui a trouvé refuge, voilà plus de 20 ans, dans un petit village de Croatie.

L’histoire n’est pas banale. En 1994, Petite, une cigogne, est blessée à l’aile par un chasseur maladroit. Elle se retrouve au sol, vivante, mais mal en point. Ses compagnons de route se sont enfuis, pour survivre.

Mais c’était sans compter sur un gardien d’école primaire. Ce résident de Brodski Varos, en Croatie, a recueilli la cigogne blessée pour la soigner.

Une fois remise sur pattes, la cigogne, baptisée Petite, a dû se rendre à l’évidence : ses ailes ne lui permettaient plus de s’envoler. Or, les cigognes migrent chaque automne, vers un autre continent. Que faire?

Le gardien, Stjepan Vokic, a donc choisi d’adopter la cigogne.

Clouée au sol, elle est demeurée au village, logée et nourrie, tandis que ses congénères volaient vers l’Afrique australe. Elle a vécu quelques années en solitaire, jusqu’au début des années 2000. Un male, attiré par le plumage de la belle, s’est alors approché lentement. À chaque visite, il émettait de petits bruits, si bien que le bon samaritain l’a baptisé Cliquetis.

L’automne venu, Cliquetis s’est rapproché de l’élue de son cœur pour une dernière fois. Ce jour-là, les sons étaient plus forts. Ils communiquaient. Puis il s’est envolé pour son périple annuel de 13 500 km!

Au printemps suivant, surprise. Cliquetis était de retour dans le petit village de Croatie. Il a passé l’été auprès de sa belle, aidant Petite à couver ses œufs, avant d’apprendre aux oisillons à voler. L’automne venu, il a déployé ses ailes pour retourner en Afrique.

L’histoire d’amour dure et depuis, Cliquetis tourne autour de la belle, émet des sons et la comble d’attention. Comme à chaque année. Il apprendra aux oisillons à voler, puis repartira vers l’Afrique, à l’automne.

Un seul doute toutefois. Est-ce que Cliquetis se charge de la livraison des bébés… ou laisse-t-il la tâche aux autres femelles?

Longtemps, on a cru que les cigognes étaient fidèles. Or, des biologistes ont remarqué que les mâles n’étaient pas fidèles à une femelle en particulier, mais bien au nid qu’il occupe avec elle. À preuve, si une femelle occupe déjà un nid précis, l’ancienne propriétaire va déployer bec et ongles pour le récupérer, sous l’œil indifférent de son compagnon. Et si elle perd, elle partira alors que le mâle restera au nid, avec la nouvelle occupante!

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