La pollution du fleuve Citarum - Indonésie
Le rapport publié conjointement par Blacksmith Institute et Green Cross donne froid dans le dos. Il fait état de populations intoxiquées par des métaux lourds, exposées à des émissions toxiques ou en contact direct avec des hydrocarbures. Ces sites, dix au total, sont situés en Argentine, en Europe de l’Est, en Asie et en Afrique.
 
Sur ce dernier continent, le delta du Niger, la ville de Kabwe (Zambie) et le quartier d’Agbogbloshie (dans la capitale du Ghana) occupent la tête du peloton. À Kabwe, par exemple, la concentration en plomb dans le sang des enfants est 40 fois supérieure à la limite acceptable. À Accra (Ghana), la destruction des équipements électroniques désuets en provenance d’Europe, qualifiée de sauvage, a multiplié les concentrations de plomb, de mercure et de cadmium chez les habitants. Enfin, au Niger, la destruction des gaz extraits du sol lors du pompage du pétrole affecte des milliers de personnes.
 
L’Europe de l’Est n’est pas en reste. Trois sites sont considérés comme dangereux. Évidemment, l’accident nucléaire de Tchernobyl (Ukraine, 1986) a toujours des répercussions, notamment en raison de la radioactivité qui rend la région inhabitable. 
 
En Russie, dans la région de Norilsk, la production de nickel a entraîné la disparition complète de la forêt dans un rayon de 30 kilomètres autour des installations industrielles. Mais le pire secteur demeure celui de Dzerjinsk. L’ancien site de production d’armes chimiques est tellement pollué que l’espérance de vie de ses habitants est de 20 ans inférieure à la moyenne nationale.
 
L’Asie est également sous la loupe des chercheurs. Au Bangladesh, les habitants de Hazaribagh sont affectés par les émissions de polluants issus de la transformation du cuir. Chaque jour, 15 000 mètres cubes de rebuts et de boues toxiques sont rejetés dans la nature. Le taux de mortalité y est 300 fois supérieur à celui des autres villes du pays.
 
À Kalimantan (Indonésie), le mercure utilisé pour récupérer l’or provenant des mines artisanales est brûlé. Les 1000 tonnes rejetées dans l’atmosphère chaque année représentent 30 % des émissions mondiales de ce métal liquide. Dans le même pays, le fleuve Citarum (notre photo) a été transformé en véritable dépotoir où des tonnes d’ordures flottent dans une eau nauséabonde. Il y a tellement de déchets que les habitants pourraient presque marcher sur les eaux polluées.
 
Enfin, en Argentine, le bassin Riachuelo-Mantanza est considéré comme le site le plus pollué d’Amérique du Sud. Des tonnes de métaux lourds et de produits cancérigènes sont déversées, chaque année, dans une zone qui abrite plus de 3,5 millions d’habitants. Toutefois, la Cour suprême du pays a exigé que le gouvernement s’attaque sérieusement au problème.
 
Dans ce report déposé quelques jours seulement avant la 19e conférence de Varsovie sur les changements climatiques, les auteurs ont volontairement exclu les secteurs pollués d’Amérique du Nord et le site de Fukushima, au Japon, où le tsunami de mars 2011 a entraîné une catastrophe nucléaire.
 
 

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