Les villageois de Trout River (Terre-Neuve) regardent, d’un œil noir, le corps d’une baleine bleue échouée depuis quelques semaines. Avec le retour du printemps, ils craignent qu’elle explose et fasse des dommages… à l’industrie touristique.

Pour le moment, la carcasse du mammifère, qui repose le long d’une promenade piétonnière, attire bien des curieux. Et pour cause : elle grossit de jour en jour, un phénomène tout à fait naturel.

Une résidente de l’endroit, Emily Butler, a sonné l’alarme. Jour après jour, la carcasse se gonfle lentement de méthane et, une simple perforation, ou une journée chaude et ensoleillée, pourrait bien la faire éclater.

Or, ce gaz, naturellement présent dans l’atmosphère, est inflammable et responsable de l’effet de serre, entre autres. Il est notamment présent dans la digestion du bétail.

Ce n’est pas tant l’explosion que ses conséquences que craignent les habitants de Trout River, une communauté de pêcheurs qui compte 600 âmes. Une fois la carcasse perforée, elle dégagera une odeur pestilentielle et, vu la taille de l’animal, ils en auront pour des semaines à subir cette puanteur.

La carcasse échouée mesure 25 mètres de long et son poids estimé est de 180 tonnes, soit un peu plus de 180 000 kilos. Pas question de la déplacer à force de bras. Et, dans son état, utiliser une grue pourrait endommager la carcasse et donner le même résultat.

Les autorités sanitaires provinciales font la sourde oreille. Pas question de déplacer la carcasse. Elles préfèrent laisser la décomposition naturelle faire son œuvre.

Les habitants devraient donc se munir de pince-nez! Quiconque a déjà senti l’odeur caractéristique d’un mammifère en décomposition sait qu’elle est intenable.

Mais d’où provient cet animal, le plus gros vivant sur la planète ? Il s’agirait d’une des neuf baleines bleues retrouvées mortes plus tôt cette année. Elles auraient été piégées par un couvert de glace qui les empêchait de respirer. La mort a fait son œuvre.

Il y aurait donc huit autres carcasses qui flottent à la dérive, au gré des courants, et qui s’échoueront quelque part, un jour ou l’autre, au grand dam des habitants qui devront composer avec… leur décomposition.

La baleine bleue est une espèce en péril. On compte environ 250 individus dans l’Atlantique Nord-Ouest.

 

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