Tous les passionnés vous le diront : ils cherchent à se dépasser, à repousser leurs limites personnelles, malgré les risques de blessures. Voilà ce qui explique l’engouement pour les sports extrêmes.

« C’est un accomplissement personnel… la quête d’adrénaline, a confié Geneviève Gauthier, rencontrée lors de la Spartan Race à Mont-Tremblant, en juin. Je voulais me prouver que j’étais capable de le faire. »

La jeune femme venait de parcourir 12 kilomètres et d’affronter une trentaine d’obstacles tous aussi exigeants les uns que les autres. Trempée, elle savourait, depuis quelques instants, la fin du parcours.

« Ce sont tous des gagnants, précise Sélica Sévigny, une des instigatrices de cette activité qui gagne des adeptes chaque mois, partout dans le monde. Il y a des jeunes, des adultes. Nous avons même un participant de 73 ans qui est venu avec ses deux filles. »

Sports extrêmes (Sélica Sévigny) - Nouvelle

Mais pourquoi tenter de se dépasser? « C’est un investissement santé. Les gens veulent relever des défis personnels, se prouver à eux-mêmes qu’ils peuvent aller encore plus loin, » ajoute celle qui souhaitait « combattre l’obésité » en démarrant ce projet avec deux autres partenaires.

L’amour du danger
Tous les adeptes des sports extrêmes vous le diront : ils aiment le danger. Même la douleur s’estompe lorsqu’ils réalisent une nouvelle figure, qu’ils repoussent leurs limites personnelles ou accomplissent une meilleure performance.

Masochistes? Non. Ce désir de repousser ses limites, cette quête perpétuelle de sensations nourrit ceux et celles qui pratiquent des activités qui font généralement frémir le commun des mortels, plus sédentaire.

Pourtant, les sports extrêmes comportent leur part de danger. Mais la bonne forme physique des participants et un entrainement adéquat limitent les risques de blessures. En fait, ces dernières, quoique plus graves, sont moins fréquentes que celles causées par des sports tels le football, le hockey et le soccer. Surpris?

Sports extrêmes - nouvelle

Une spécialiste se prononce
« Quand on est exposé à un danger, on se met à sécréter de l’adrénaline et ça nous fait ressentir la peur, expliquait la professeure en psychologie à l’UQAC, Linda Paquette, lors d’une entrevue accordée à Télé-Québec. Mais ça va aussi préparer notre corps à réagir rapidement. Le système digestif va ralentir et le sang va se retirer des zones digestives pour se rendre dans les muscles des bras et des jambes. On va ressentir des papillons dans l’estomac, car le sang s’en va très rapidement pour aller dans les muscles pour réagir au stress.»

Le cerveau des athlètes sécrètera également de la dopamine, ce qui entraîne un sentiment de récompense. « Les gens vont vouloir répéter l’expérience pour avoir cette décharge de dopamine dans leur cerveau.»

Mme Paquette avance aussi une explication anthropologique.  Elle croit que l’être humain, chasseur-cueilleur, était  jadis confronté à des situations très stressantes.  Donc, la pratique de sports extrêmes serait «une forme de reliquat qui permet de rejouer ce mécanisme de danger, prendre le contrôle dessus, ce qui pourrait aider à gérer le stress d’une façon un peu plus saine».

D’ailleurs, ceux qui pratiquent ce genre d’activité sont généralement moins stressés que leurs amis plus sédentaires. D’autres, les amateurs de « Base Jump* » par exemple, iront jusqu’à défier la loi pour emmagasiner des sensations fortes.

La pratique d’un sport extrême, quel qu’il soit, apporte son lot de satisfaction. Certes, les courbatures et les douleurs font partie des inconvénients. Mais ils disparaissent rapidement, laissant place aux souvenirs et à la camaraderie, très présente dans toutes les activités.

* : Le Base Jump, ou (saut extrême) est une discipline du parachutisme qui consiste à sauter depuis des objets fixes.

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