Le film Argentine, les 500 bébés volés de la dictature (2012), du réalisateur Alexandre Valenti, sera présenté en primeur ce dimanche 25 août 19 h00, à Canal D. Ce documentaire poignant, primé du Fipa d’Or en 2013 dans la catégorie « Reportage », revient sur les années sombres de la dictature militaire en Argentine, à la fin des années 70 – début 80, et plus particulièrement sur le sort des 500 bébés arrachés à leur mère par la junte au pouvoir.

De 1976 à 1983, l’Argentine a vécu 8 années de terreur sous la houle d’un régime totalitaire orchestré par le Général Jorge Rafael Videla et sa junte, à la suite du renversement du gouvernement en place par un coup d’État, le 24 mars 1976. Le « Processus de réorganisation nationale » - nom que s’est officiellement attribué cette dictature - donna lieu à un pouvoir répressif et sanguinaire qui a fait plus de 30 000 disparus, des milliers de prisonniers politiques et autant de réfugiés.

Parmi les opposants - ou soupçonnés comme tels - au régime de Videla, de jeunes femmes enceintes sont enlevées et séquestrées dans des centres de maternité clandestins. Elles y étaient enchaînées durant toute leur grossesse jusqu’à l’accouchement. Les nouveau-nés qu’elles n’auront jamais vus, ni tenus dans leurs bras, leur ont été pris dès la naissance pour être confiés aux familles des partisans de la dictature et des militaires de la junte. Les mères quant à elles, ont été assassinées. Leurs corps n'ont jamais été retrouvés.

Plus de 35 ans après, ce terrible épisode hante toujours la mémoire des Argentins, et surtout celle de plusieurs femmes courageuses, les grands-mères de ces bébés, qui n’ont jamais cessé de défier un état militaire puissant pour retrouver leurs petits-enfants. Surnommées les Grands-mères de la place de Mai, du nom de leur organisation créée en 1977, ces Abuelas* ont manifesté au risque de leur vie pour réclamer justice, et se sont lancées dans un long et éprouvant travail de recherche pour identifier les enfants « adoptés ». À ce jour, seulement 107 des 500 bébés, maintenant adultes, ont retrouvé leur véritable identité grâce au travail des ces mamies et aux analyses d’ADN, réalisées avec la collaboration de scientifiques et d'institutions internationales.

Le cri du cœur des grands-mères de la place de Mai n’est heureusement pas resté sans écho, puisque la justice argentine a confondu et condamné à de lourdes peines, entre février 2011 et juillet 2012, huit anciens hauts responsables militaires, dont les deux dictateurs Jorge Videla et Raynaldo Bignone, pour leur participation au « plan systématique » de vols de bébés d’opposants.

Récemment, l’Église argentine s’est enfin engagée, après des décennies de silence, à apporter son soutien aux recherches des Grands-mères de la place de Mai. Cette décision survient  suite à l'intervention du Pape François auprès de l’autorité religieuse argentine.

*grands-mères

Sources :
lemonde.fr - lefigaro.fr - rfi.fr
lapresse.ca

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