On savait que le mercure était présent dans la chaine alimentaire. Mais des chercheurs ont découvert que ce métal lourd a une incidence sur la reproduction de certains oiseaux migrateurs, en Antarctique.

Une étude récente, parue dans la revue Écology, démontre clairement les ravages du mercure sur la reproduction des skuas, des oiseaux migrateurs qui vivent sur le continent inhospitalier. En fait, plus le taux de mercure est élevé dans le sang des représentants de l’espèce, moins ils ont de chance de se reproduire.

Le métal présent dans le sang des oiseaux devient un « perturbateur endocrinien capable d’inhiber la production d’hormones nécessaires à la reproduction », précisent les scientifiques, après 10 ans de recherches sur des oiseaux bagués qui fréquentent les îles Kerguelen et la Terre Adélie, en Antarctique.

Les chercheurs sonnent même l’alarme : ils souhaitent que de nouvelles études portant sur les effets d’autres polluants (pesticides, métaux lourds et composés perfluorés) sur les oiseaux qui fréquentent ce continent pourtant peu peuplé. Ils croient que ces polluants conduiront inévitablement au déclin de nombreuses populations d’oiseaux.

 

D’où vient ce mercure ?

Dans un continent si peu peuplé, d’où peut donc provenir ce mercure qui affecte la reproduction des oiseaux ? La réponse est toute simple. Le mercure se retrouve dans la nature, parfois sous forme gazeuse, mais à des concentrations trop faibles pour nuire à la reproduction des skuas.

Mais les activités humaines sur les autres continents ont des effets significatifs sur la présence de mercure tant en Antarctique qu’en Arctique. Comment ? Le métal issu de la combustion d’hydrocarbure et de charbon est balayé par le vent jusqu’aux deux pôles. Au surplus, le mercure qui se retrouve dans l’eau est transporté par les courants marins et, là encore, finit aux extrémités de notre planète.

Donc, si un jour, vous vous débarrassez d’un thermomètre ou de tout autre produit contenant ce métal, il a de fortes chances de dériver, durant quelques décennies, puis d’affecter un de ces oiseaux.

Au surplus, le mercure est ingéré par des poissons et des manchots. Or, les œufs et les poussins de manchots, de même que certains poissons, font partie de la chaine alimentaire des skuas… De quoi faire monter la température des écologistes!

Seul métal liquide dans des conditions normales de température et de pression, le mercure est largement utilisé dans la composition de nombreux alliages. On le retrouve notamment dans les piles, les lampes fluorescentes, les thermomètres et thermostats, les instruments chirurgicaux et même les amalgames dentaires. Vingt milligrammes suffisent pour contaminer 20 000 litres d’eau. Pensez-y avant de jeter un objet contenant du mercure à la poubelle. Même pour les skuas, la récupération est un atout précieux.

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