Il faudrait dire aux ours polaires que leur habitat est menacé par le réchauffement climatique.

Souvent qualifiés d’alarmistes, les chercheurs du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) auraient systématiquement sous-estimé les effets du réchauffement climatique.

C’est, du moins, la conclusion qui ressort d’un examen des quatre premiers rapports du GIEC effectué par une équipe composée d’historiens des sciences, de sociologues et de climatologues.

Selon les membres de l’équipe, le niveau des océans augmente de 3,2 mm (1) par année, en moyenne, alors que le GIEC estimait cette hausse à 2 mm. Les experts, mandatés par les gouvernements, auraient même éludé l’accélération de la fonte de la banquise arctique dans leurs modèles numériques.

L’équipe parle de « conservatisme scientifique », notamment en ce qui a trait aux émissions de CO2 dans l’atmosphère.  « L'ensemble du carbone contenu dans le pergélisol a été estimé à 1672 milliards de tonnes (Gt), soit plus du double du carbone présent dans l'atmosphère. Cela signifie que le potentiel amplificateur d'un largage dans l'atmosphère de ce carbone par la fonte du pergélisol est énorme. Pourtant, cet effet potentiel n'a été pris en compte dans aucune des projections du GIEC, » peut-on lire dans leur rapport publié dans la revue Global Environnemental Change.

Pour Naomi Oreskes, coauteure de cet ouvrage, cette situation serait attribuable au fait que les gouvernements des pays contributeurs au GIEC sont impliqués dans le processus. Les chercheurs minimiseraient donc volontairement les impacts pour éviter de heurter les populations par des aspects spectaculaires et/ou dramatiques.

Un premier volet du cinquième rapport du GIEC a été dévoilé en septembre.  Il fait état d’une augmentation moyenne de 2 °C de la température moyenne à la surface du globe. Et, dans le scénario le plus pessimiste, la banquise arctique disparaîtra complètement en été, vers 2050.

La montée des eaux sera tout aussi catastrophique. Dans le scénario le plus noir, le niveau des océans augmentera de près d’un mètre, ce qui signifie notamment la disparition de la République des Îles Marshall : un archipel situé dans le Pacifique-Nord qui compte plus de 65 000 habitants.

Quelque 130 grandes villes abritant 150 millions de personnes sont aussi menacées. Et pas n’importe lesquelles. Parmi celles-ci, on note Miami et New York (EU); Guangzhou, Tianjin, Shanghai et Hong Kong (Chine), Calcutta et Mumbai (Inde), de même que Bangkok (Thaïlande).

Le réchauffement des océans entrainera également la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes. Les pays les plus secs connaîtront davantage de sécheresses alors que les pays dits « humides » recevront plus de pluie. En outre, la fréquence et l’intensité des ouragans (2) augmenteront.

Le rapport final est attendu en 2014.

Un scénario catastrophe? Peut-être pas. Mais il vaut mieux s’y préparer, au cas où! Et avertissez les ours polaires.

(1) : Une donnée mesurée par satellite.
(2) : En Amérique du Nord, ouragan est le terme habituellement utilisé pour parler de cette force de la nature lorsqu’elle prend naissance dans l’Atlantique, au large des côtes africaines, pour venir, en s’amplifiant, balayer les Antilles et toucher les côtes de l’Amérique du Nord. Les Européens emploient plutôt le terme cyclone. Quant à l’appellation typhon, elle désigne le même phénomène lorsqu’il se développe en direction du Pacifique occidental et qu’il vient balayer le Japon et les côtes des pays bordant la mer de Chine.  (Source : Office québécois de la langue française)
 

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