Le Canada n’est pas à l’abri des actes et des complots terroristes. À preuve, au cours des 50 dernières années, le pays a régulièrement été secoué par des actes visant directement les institutions politiques. Au surplus, des complots ont été éventés par les autorités. Des exemples.

 

Fusillade à Ottawa

2014 - Fusillade à Ottawa

Un Canadien d’origine, Michael Zehaf-Bibeau, 32 ans, sème la terreur à Ottawa. Le 22 octobre, peu avant 10 heures, l’homme armé abat un militaire, Nathan Cirillo, qui monte la garde devant le Monument commémoratif de guerre du Canada, avant de se précipiter vers la colline parlementaire où il vole un véhicule officiel.

Puis, il entre dans le Parlement canadien où il tire quelques coups de feu. Il atteint un des gardes à la jambe. Il se dirige ensuite vers la bibliothèque où il est impliqué dans une deuxième fusillade avec les agents de sécurité. C’est alors que le sergent d’armes (1) Kevin Vickers tire vers l’individu et l’atteint.

Quelques secondes plus tard, les forces de l’ordre tirent plusieurs balles vers le présumé terroriste qui succombe à ses blessures.

Bilan : deux morts, dont le suspect.

 

Attentat à Saint-Jean-sur-Richelieu

2014 - Attentat à Saint-Jean-sur-Richelieu

Le 20 octobre, vers 11 h 30, deux militaires sortent des bureaux de Service Canada situés dans un petit centre commercial de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Dans le stationnement, Martin « Ahmad » Rouleau, démarre le moteur de son véhicule et fonce sur les deux hommes. L’un deux, l’adjudant Patrice Vincent, gravement blessé, décèdera quelques heures plus tard.

Un policier, témoin de la scène, prend en chasse le suspect. Ce dernier perdra la maitrise de son véhicule quelques kilomètres plus loin, après avoir roulé sur un tapis de clou. Sonné, il sort de son automobile armé d’un couteau et fonce vers les policiers. Ces derniers l’abattent.

Bilan : deux morts, dont le suspect.

 

attentat métropolis sept 2012

2012 - Attentat du Métropolis

Le 4 septembre 2012, soir des élections générales au Québec, Richard Henry Bain s'approche de l'entrée du Métropolis à Montréal avec une arme à feu. À l'intérieur, Pauline Marois, qui vient d'être élue première ministre du Québec, s'apprête à faire son discours. Bain tire une balle. Il atteint et tue un technicien, Denis Blanchette, et blesse Dave Courage, un autre technicien. Heureusement, l'arme à feu de Bain se bloque et l'empêche de tirer à nouveau. Il est arrêté par la police à l'extérieur. Pauline Marois doit interrompre son discours et se fait escorter hors de scène par des agents de sécurité. L'enquête est confiée à la Sûreté du Québec. Bain fait face à 16 chefs d'accusation, dont meurtre prémédité. La cause est toujours devant les tribunaux.

Bilan: 1 mort et 1 blessé

 

Explosion d'un avion Air India

1985 - Explosion d'un avion Air India

Le 22 juin 1985, un Boing 747 propriété d’Air India effectue la liaison Montréal-Bombay, via Londres et New Delhi. L’appareil a, à son bord, une valise provenant d’un vol intérieur appartenant à un certain M. Singh. L’appareil décolle à 22 h 22, en direction de Londres. Il disparaît des écrans radar à 3 h 13 le 23 juin, à quelque 250 km des côtes d’Irlande.

L’avion a explosé en plein vol, tuant 327 passagers sur le coup. Deux occupants de l’appareil ont survécu à l’explosion et à la chute vertigineuse des débris. Mais ils mourront noyés dans les eaux froides de l’Atlantique.

Inderjit Singh Reyat plaidera coupable en 2003 à des accusations liées à la fabrication de la bombe. Deux autres suspects : Ripudaman Singh Malik et Ajaib Singh Bagri seront acquittés.

Bilan : 329 morts.

 

Denis Lortie

1984 - Tuerie dans le Parlement de Québec

Même s’il ne s’agit pas d’un acte terroriste selon la définition du Larousse, l’attentat à l’Assemblée nationale du Québec a secoué tout le pays. Le 5 mai 1984, un caporal de l’armée canadienne laisse une cassette audio au poste de radio CHRC de Québec, puis se dirige vers l’édifice du parlement québécois.

Lors de son périple, il tire sur des touristes rassemblés devant la Citadelle de Québec. Denis Lortie, lourdement armé, entre dans le parlement et ouvre le feu en direction des gens qu’il rencontre. Il se rend au Salon bleu (là où ont lieu les débats des parlementaires) et s’installe dans le fauteuil du président. Devant lui, des employés fuient la menace. Un sergent d’armes (1), René Jalbert, entreprend des négociations avec le militaire. Il se rendra aux policiers à 14 h 15.

Bilan : 3 morts et 13 blessés.

 

1971 - Fusillade de Mascouche

Des membres du Front de libération du Québec (FLQ), un groupuscule indépendantiste, attaquent un poste de police et coupent les communications alors que des complices dérobent 7500 $ à la Caisse populaire de Mascouche. Deux citoyens, dont un ex-militaire, prennent les suspects en chasse et tirent sur les fuyards.

Bilan : 1 mort.

 

Fusillade de Mascouche

1970 - Enlèvement et séquestration politiques

Le FLQ ébranle le Canada tout entier. Le 5 octobre à 8 h 20, James Richard Cross devient la première victime d’un enlèvement politique au Québec. Des membres de la cellule Libération pénètrent à l’intérieur du domicile du diplomate britannique et somment ce dernier de les suivre. Il sera séquestré durant 59 jours. En échange de sa libération, ses ravisseurs, Jacques et Louise Lanctôt, Marc Carbonneau, Yves Langlois et Jacques Cossette-Trudel, obtiendront un sauf-conduit vers Cuba.

Pas de victime.

Quelques jours plus tard, soit le 10 octobre, le ministre du Travail du Québec, Pierre Laporte, est enlevé devant son domicile par des membres de la cellule Chénier. Son corps a été retrouvé dans le coffre arrière d’un véhicule immatriculé 9J-2420 sept jours plus tard, soit quelques heures seulement après l’adoption, par le parlement canadien, de la Loi sur les mesures de guerre. Ses ravisseurs, Paul Rose, son frère Jacques, Bernard Lortie et Françis Simard ont tous été condamnés à la prison.

Bilan : un mort.

 

Attentat 1963

1963 à 1969 - Série d'attentats

Le 8 mars 1963, des membres du FLQ attaquent trois casernes militaires à l’aide de bombes incendiaires. Ce sera le début d’une série d’attentats et de braquages de banque qui seront perpétrés entre 1963 et 1969, dont l’explosion d’une bombe placée à la Bourse de Montréal, le 13 février 1969.

Bilan : 5 morts et des dizaines de blessés.

 

Les complots

Si les attentats terroristes frappent l’imaginaire, les complots en vue d’en perpétrer passent plus souvent inaperçus. Pourtant, les policiers et les services de sécurité ont éventé certains de ces complots avant que les terroristes passent à l’acte.

  • 2013 : deux individus sont arrêtés à Toronto. Ils prévoyaient faire exploser un train qui relie Toronto à New York.
  • 2010 : un résident d’Ottawa est arrêté alors qu’il complotait pour effectuer des attaques au Canada et à l’étranger. Il a été condamné à 12 ans de prison le 23 octobre 2014.
  • 2006 : les policiers de Toronto effectuent une rafle et arrêtent 17 personnes, dont des mineurs. Les individus complotaient pour faire exploser la Bourse de Toronto et pour créer une cellule d’Al-Qaïda au pays.

(1) sergent d’armes : Au Canada, il s’agit d’un fonctionnaire (souvent retraité de l’armée ou de la police) qui assure la protection des parlementaires. Ses tâches sont également protocolaires. C’est lui qui, à chaque séance, porte la « masse », symbole des débats. À deux reprises dans l’histoire du pays, ces officiers sont intervenus directement face à des hommes armés.

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