Les biologistes ont découvert une nouvelle espèce de dauphin d’eau douce. Presque semblables à leurs cousins, ces derniers nageaient tranquillement dans le fleuve Araguaia (Brésil) sans se douter qu’ils étaient uniques au monde.

Pourtant, le dauphin ressemblait à tous les autres, sauf aux yeux d’un biologiste, Tomas Hrbek de l'Université fédérale de l'Amazonas. Le scientifique remarqua leur couleur légèrement différente de celle des rares dauphins qui nagent dans les eaux douces d’Amérique du Sud. 

Il n’en fallait pas plus pour aiguiser sa curiosité. Outre la couleur gris-rose de l’animal, ce dernier possédait une dentition différente — 24 dents contre 25 à 29 pour les autres espèces — et il était légèrement plus petit que ses congénères.

Des tests d’ADN s’imposaient. Le biologiste a donc analysé le code génétique de l’animal pour découvrir qu’il s’agissait d’une espèce différente, jamais identifiée. Voilà : Inia araguaiaensis ou boto-do-araguaia faisant maintenant partie de la faune aquatique d’Amérique du Sud. 

Il y avait près de 100 ans qu’une telle découverte n’avait pas été effectuée chez ces mammifères. La dernière remontait à 1918.

Pourtant, la présence de l’animal dans les eaux brésiliennes n’est pas récente. Sa génétique a permis de déterminer qu’il est présent sur terre, incognito, depuis plus de 2 millions d’années. 

Une théorie : les chercheurs croient que cette espèce serait apparentée au dauphin rose (le boto ou Inia geoffrensis) du bassin de l’Amazone, nettement plus connu. En fait, les deux espèces auraient été séparées par un réseau de chutes et de rapides infranchissables. 

Et cette découverte arrive à point nommé. Le fleuve n’abrite qu’environ 600 individus. Ils seraient fortement menacés par l’activité humaine. Il faudrait penser rapidement à la protéger.

Les dauphins d’eau douce sont relativement rares sur terre. On compte trois superfamilles : les Platanistoidea, les Inioidea et les Lipotoidea (éteints) et six espèces modernes. Elles nagent dans le Gange et l’Indus, le bassin de l’Amazone et le fleuve Araguaia, de même qu’en Chine. Le genre Lipotes, dont les membres nageaient dans le fleuve Yang Tsé — celui découvert en 1918 — s’est éteint vers 2006.

Le temps presse donc pour sauver cette espèce rare… et toujours souriante.

 

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