Que diriez-vous de vous retrouver dans la peau d’un ours, dormir tout l’hiver en attendant le printemps, et vaquer à vos activités quotidiennes. C’est précisément ce qu’a fait une équipe de chercheurs en installant une caméra sur une ourse sauvage de Slovénie.

Durant un mois, en octobre 2013, la caméra installée sur l’ourse a croqué et stocké des images à raison de 5 minutes par heure, 12 heures par jour. On y voit l’animal manger des larves, faire tomber des arbres, ronfler paisiblement, couchée à même le sol, s’amuser, s’alimenter et surtout, observer.

Au total, Tolosa — le nom donné à l’ourse — a fourni 20 heures d’images de son quotidien, sans rechigner. Une sorte de télé-réalité à l’échelle animale.

Et Tolosa était suivie à la trace. Le collier qui retenait la caméra était également muni d’un GPS. On savait, à toute heure du jour, où se tenait l’animal.

Résultat : l’expérience n’a rien révolutionné sur ce qu’on connaissait des habitudes de cette espèce, mais, selon le zoologue français Henri Cap, « c’était la première fois qu’on voyait le véritable point de vue des ours. On est entré dans l’univers spécifique de l’espèce ».

Certains comportements ont toutefois surpris. Lorsque l’ourse passait près d’une certaine cabane, elle détournait la tête. Les spécialistes ont donc conclu que la femelle avait vécu une mauvaise expérience à cet endroit.

« C’est troublant, c’est comme si on était un ours, on prend peur en voyant cette cabane humaine, précise M. Cap. On a pour la première fois une preuve irréfutable d’un raisonnement chez un non grand singe alors que tous les gens qui travaillent sur l’ours savent très bien que c’est un animal extrêmement intelligent».

Un exemple : la femelle secoue vigoureusement un sorbier blanc pour en faire tomber les fruits. Puis, quelques heures plus tard, elle prélève des larves d’insectes avec une délicatesse et une dextérité surprenantes.

Le projet avait pour but de faire connaître cette espèce, parfois détestée des Français. Mais l’histoire ne dit pas si, en présence de la caméra, Tolosa s’est gardée une petite gène… sur certaines activités.

 

Vous aimerez aussi

Commentaires