Par Henri Michaud

 

De nombreuses espèces animales et végétales se retrouvent sur la liste des animaux en danger, plus de 15 000 en fait. Destruction de leur habitat, chasse effrénée, braconnage, ont réduit les cohortes animales de façon drastique. Et parmi ces espèces, dix sont particulièrement menacées.

 

1. Le grand requin

Dans la gueule du requin
En 15 ans, la population de requin a diminué de 80 %. Selon la World Wildlife Fund (WWF), plus de 100 millions de requins, provenant de 380 espèces différentes, sont tués chaque année. Les chasseurs prélèvent les ailerons (un mets prisé), mais aussi la chair, la peau et le cartilage, utilisé en médecine. La pollution des eaux, qui perturbe les cycles de reproduction,  est également responsable de la diminution de l’espèce. Le requin-baleine est aussi très menacé.

 

2. Le Napoléon

poisson Napoléon
Restons dans l’eau. Le Napoléon, aussi appelé labre géant ou mara, fréquente les massifs de coraux du Pacifique et d’Asie. Chassé pour ses mâchoires — il possède une dentition impressionnante — il est aussi apprécié par les gastronomes. Sa chair est très recherchée et se vend jusqu’à 150 dollars le kilo. Les pêcheurs ont donc décimé cette espèce. Il ne resterait que 320 000 spécimens dans le monde, soit 3 à 4 individus par kilomètre carré.

 

3. Le dauphin de l’Irrawaddy

Dauphin de l'Irrwaddy
Très populaire auprès des populations asiatiques, cette espèce de dauphin ressemble génétiquement à l’orque. On le retrouve dans le nord de l’Australie et sur les côtes du Sud-Est asiatique. Et ils sont très durs à apercevoir, car leur population était estimée à 1000 individus en 2004. Prises accidentelles (dans les filets de pêche), blessures graves subies lors d’opération de pêche à la dynamite, captures pour alimenter les zoos en font une espèce en voie d’extinction.

D’autres espèces marines, dont la baleine à bosse (braconnage et activité humaine), la tortue de mer (érosion des berges), la salamandre géante, également une espèce amphibie (chasse), le phoque d’Hawaii (cause inconnue) sont aussi en danger.

 

4. Le tigre du Bengale

Tigre
Revenons sur terre. Les tigres du Bengale et quatre sous-espèces (dont le tigre de Sibérie) comptent parmi les espèces les plus menacées. Au total, on en dénombre entre 3000 et 4500 individus. Leur fourrure est très recherchée, de même que certains organes, dont les os, les dents, les yeux et le sang. Cette quête, tant décorative que médicinale, aurait causé la disparition du tigre blanc et du tigre de Java, du moins à l’état sauvage.

 

5. L’éléphant d’Asie

éléphants d'asie
La situation de l’éléphant d’Asie est particulièrement difficile. La disparition de son habitat naturel — quelque 75 % des forêts naturelles sont disparues en moins de 110 ans — la chasse et la domestication de l’espèce sont responsables de la baisse de population. En fait, il ne resterait que 50 000 individus, dont une partie est domestiquée et utilisée comme bêtes de somme. En outre, l’ivoire de leurs défenses est très recherchée et incite au braconnage.

 

6. Le gorille

Gorille
Plusieurs sous-espèces de gorilles africains, dont le gorille de montagne, sont véritablement menacées par la déforestation et le braconnage. Et leur diminution est en lien direct avec la forte demande pour les téléphones mobiles et/ou intelligents. En fait, l’exploitation du coltan, un minerai qui entre dans la fabrication des puces pour téléphones, a réduit leur habitat comme peau de chagrin. Il ne resterait que 110 000 gorilles en tout, dont 700 gorilles de montagne.

 

7. Le panda géant

Panda géant

Ils ne sont plus que 1750, principalement au Tibet et en Chine. Très populaires pour leur allure espiègle, ces gros « nounours » sont victimes de la déforestation et de l’exploitation massive du bambou, leur principale source d’alimentation. Ils sont aussi recherchés pour leur fourrure. Or, ses populations diminuent d’année en année. Dans la seule réserve du Wanglang, décrite comme le paradis du panda, 176 individus ont disparu en 21 ans. Il n’en reste que 20 sur un territoire de 32 000 hectares.  Et il est très difficile de le reproduire en captivité.

 

8. La tortue à nez de cochon

Tortue à nez de cochon

Cette tortue d’eau géante, qui vit en Chine, en Nouvelle-Guinée, en Australie et en Indonésie, est très prisée des amateurs. On la recherche pour sa chair et comme animal de compagnie. En fait, entre 1,5 et 2 millions d’œufs sont prélevés chaque année. Elles fournissent de petites tortues qui sont vendues environ 8 $ pièce dans les rues des principales villes d’Asie.

 

9. Le gecko à queue feuillue

Gecko

Habitant des îles de l’océan Indien, le gecko à queue feuillue, de la famille des reptiles, demeure une espèce méconnue. Toutefois, quelque 2000 individus sont capturés ou tués chaque année. Ils sont particulièrement recherchés comme animal de compagnie exotique, notamment aux États-Unis. En raison de sa queue particulière, large en plate, il suscite la convoitise des amateurs de reptiles.

D’autres espèces terrestres, dont le dragon du Komodo (perte d’habitat et braconnage), l’indri de Madagascar (perte d’habitat), le diable de Tasmanie (cancer), le zèbre de Grévy (perte d’habitat), le chien sauvage d’Afrique (perte d’habitat), le rhinocéros noir (braconnage) et le rhinocéros de Java (braconnage), le gavial du Gange (perte d’habitat et chasse), le léopard de l’amour (perte d’habitat et pollution), le saola (perte d’habitat), le tamarin pinché (perte d’habitat), le lémur de Madagascar et le lémur nordique (perte d’habitat et braconnage), le cheval de Przewalski (perte d’habitat) et l’ours polaire (perte d’habitat en raison du réchauffement climatique) sont aussi sur la liste rouge des espèces en danger.

 

10. Le cacatoès à huppe jaune

cacatoès à huppe jaune
La population de dépasse pas 1000 individus en milieu sauvage. Il vit au Timor oriental, à Hong Kong  et en Indonésie. La déforestation de leur habitat naturel et la domestication — ce volatil est très recherché — ont pesé très lourds sur l’espèce. Il utilise sa crête pour communiquer ou attirer l’attention. Il est toutefois considéré comme nuisible par les populations locales. Il a la fâcheuse tendance à s’attaquer aux récoltes de céréales et de fruits, aux abris de jardin et aux maisons.

Mais il n’est pas le seul volatile en danger. Dans la liste, on retrouve le percnoptère d’Égypte (présence humaine), le busard de la Réunion (perte d’habitat), le pic-bois ivoire (perte d’habitat), le petit dodo (perte d’habitat et braconnage) et l’albatros des Galapagos (tourisme).

 

Si rien n’est fait, nous devrons, dans quelques années, admirer ces animaux uniquement sur des photos. Il est temps de faire quelque chose pour les protéger, pendant qu’il en reste.

 

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