Par Henri Michaud

En moins d’un demi-siècle, l’espace est devenu un véritable dépotoir. On y trouve des satellites en panne, des pièces inutilisables certes, mais aussi des milliers de débris qui font le tour de la terre à quelque 22 000 kilomètres-heure.

La conquête de l’espace, la mise en orbite de satellites d’espionnage, de communications et de service a donc des effets pervers. Dans un rapport divulgué en 2011, la NASA estimait à 22 000 le nombre de débris ≪ visibles ≫ qui font le tour de la terre. Mais il y en aurait beaucoup plus. Les scientifiques estiment qu’il y aurait plus d’un million de débris trop petits pour être observé précisément, mais qui représentent une menace pour les satellites et les astronautes, cosmonautes, spationautes et taïkonautes (*) qui gravitent autour de la terre.

 

Le temps presse
Pour le moment, la plupart des satellites opérationnels n’ont pas été endommagés par des débris. Toutefois, les opérateurs, au sol, doivent parfois ajuster l’orbite de ces derniers pour éviter des nuages de déchets.

Mais ce n’est pas toujours possible. En 2009, Cosmos 2251 (Russie) est entré en collision avec Iridium-33, un satellite américain, causant un véritable nuage de débris. Deux ans plus tôt, un essai de missile antisatellite chinois avait transformé un satellite météo en 150 000 morceaux, tous aussi dangereux les uns que les autres.

Le point de saturation est presque atteint. D’ici 10 à 20 ans, une collision importante pourrait entrainer une réaction en chaîne qui détruira de nombreux satellites utiles en orbite autour de la terre.

On se croirait dans le film Gravity d’Alfonso Cuarón.

 

Des solutions ?
Il faut donc faire un grand ménage. Mais comment? Les lois internationales empêchent un pays de recueillir, dans l’espace, des objets appartenant à d’autres pays.

La Commission fédérale des communications (Federal Communications Commission ou FCC) exige déjà que les nouveaux satellites puissent être dirigés vers une orbite cimetière à la fin de leur vie utile, ou en cas de problème.

Des économistes proposent de prélever une taxe sur les lancements qui permettrait de financer un grand ménage de l’espace. Ils estiment que cette taxe devrait être suffisamment élevée pour inciter les pays et les entreprises lanceurs à récupérer les équipements mis en orbite et les débris liés à ces manœuvres. La taxe servirait également à financer le nettoyage.
    
Mais quelques projets sont sur la table:
Le CleanSpace One : de conception suisse, ce satellite permettrait de recueillir des débris ou de petits satellites en difficulté, pour ensuite les entraîner dans l’atmosphère terrestre afin qu’ils s’y consument.

Le Whoosh It Away (en conception) mise sur la création d’un « courant d’air » qui dévierait les débris vers d’autres orbites ou vers la terre. Ils se consumeraient alors en rentrant dans l’atmosphère.

Le Tethers, lui, irait à la pêche. Un petit satellite, peu coûteux (entre 5 et 10 M$), muni d’un filet capturerait des objets de bonne taille… Mais les plus petits passeraient entre les mailles.

La solution la plus prometteuse est présentement développée par des Australiens. Il s’agit d’un laser qui ciblerait les débris pour les diriger vers l’atmosphère. Toutefois, une partie d’entre eux finirait dans les océans, contribuant ainsi à polluer la Terre.

Et le temps presse. Selon la NASA, même si les pays et entreprises cessaient tout lancement, la quantité de débris irait en augmentant au cours des 200 prochaines années. Or, un projet baptisé Outernet mise sur la mise en orbite de 150 microsatellites qui fourniraient un accès Internet gratuit à toute la planète.

 

(*) Tous sont des humains qui voyagent dans l’espace. Mais l’appellation change selon les pays… Ainsi, le cosmonaute est russe alors que l’astronaute est américain. Le spationaute représente la France et le Taïkonaute est Chinois.

Vous aimerez aussi

Commentaires