31 juillet 2008
Mon précieux


L'Anatolie, région centrale de la Turquie, est reconnue pour sa chaleur. Des paysages magnifiques.
Je n'ai pas trouvé de meilleure expression pour la définir. Lorsque vous roulez à vélo dans une zone désertique par une chaleur étouffante, sans ombre pour vous abriter, sa vision vous réjouit. Vous en rêvez! L'eau, liquide tout simple, mais dont nous, êtres vivants, ne pouvons nous passer.

De mon point de vue, les Turcs utilisent une grande quantité d'eau. J'ai vu de nombreuses personnes arroser les entrées en béton pour les laver ou simplement rafraichir l'air étouffant de l'après-midi. Ils irriguent beaucoup les champs aussi. Mais l'utilisation qui m'a le plus surpris est celle qu'on en fait dans les stations-services le long de la route. Des dizaines de voitures, autobus et camions se font passer à grande eau simplement pour qu'on les débarrasse de la poussière. On n'utilise même pas de savon. Non, la Turquie ne semble pas manquer d'eau!


Malgré la sécheresse de cette région et grâce à l'irrigation, les Turcs cultivent ses terres arides.
En fait, la Turquie est souvent considérée comme le château d'eau du Moyen-Orient. Le Tigre et l'Euphrate y prennent leur source pour s'écouler ensuite vers la Syrie et l'Irak. Une situation qui peut être source de conflits. D'autant plus que la Turquie a entrepris de harnacher (entre autres avec le barrage Atatürk)ces deux fleuves afin d'améliorer l'irrigation de cette région aride et de produire de l'électricité. Ces travaux auront pour conséquences de diminuer le débit de ces fleuves en aval jusqu'à 34 %! Et ces chiffres ne tiennent pas compte des changements climatiques!

L'eau si précieuse, essentielle à la vie, source de conflits. Et ça ne fait que commencer!

Sources : Futura science, Géopolitique et guerre de l'eau, par Claire König


31 juillet 2008
La route de la soie


Une autre route qui sera bientôt transformée en autoroute. Une des dernières qui ne l'était pas encore pour entrer dans Istanbul.
Istanbul. Demain, je roulerai sur la route de la soie. J'essaie seulement d'imaginer ce que devaient ressentir les courageux marchands qui la parcouraient à l'époque de Marco Polo. Ma dernière journée se passe à faire des achats au marché des épices. Fruits secs et noix de toutes sortes. Je vérifie mon vélo aussi. C'est qu'il n'y a plus de boutiques de vélo avant au moins dix mille kilomètres!

Mais les temps ont bien changé depuis l'âge d'or de cette route. Les chameaux, ânes et chevaux ont été remplacés par des camions. Des centaines, voire des milliers de camions parcourent aujourd'hui cette même route, reliant l'Asie à l'Europe. Mais que transportent-ils donc tous?


Difficile de prendre une photo sans camions sur cette route. Un beau 45 degrés lors de la prise de cette photo.
Et ils n'ont pas seulement envahi la route de la soie; sur l'ensemble de la planète, les camions sont devenus les rois des routes. Ils transportent des produits aux quatre coins du globe. Résultat : au Québec, nous pouvons manger des fraises fraiches en plein hiver! Mais à quel prix? Et là, je ne parle pas seulement du prix que vous payez à la caisse. Je parle surtout du prix que vous ne payez pas encore! Le coût environnemental pour le transport de tous ces produits à travers le globe. En fait, jusqu'à maintenant, nous avons vécu à crédit avec la Terre. Je pense qu'il faudra bientôt payer.

Il fut une époque au Québec où à l'automne venait le temps des conserves de fruits et de légumes. Seulement des produits locaux pour tout un hiver. Quelques fois, faire autrement veut aussi dire revenir en arrière...


29 juillet 2008
Remplacer ou faire autrement?


Le Wasserturm de Vucovar est devenu un symbole pour les gens de cette région de Croatie.
Avez-vous déjà essayé de faire un puzzle de 5 000 morceaux en gardant votre nez collé à la table? Ça semble ridicule, non? Comment voir l'ensemble du casse-tête de cette façon? À un autre niveau, je pense que c'est ce que font en ce moment les gens qui cherchent des alternatives au pétrole. En prenant un peu de recul, ils pourraient s'apercevoir que le problème est beaucoup plus complexe...

Des recherches sont en cours afin de remplacer le pétrole dans les voitures. En fait, la technologie existe déjà, une énergie efficace et qui, à première vue, semble très propre! Des voitures électriques! Pourtant, pour qu'une pile puisse fonctionner, ne faut-il pas la recharger? Oups! Et avec quoi allons-nous produire cette électricité? Du pétrole, du charbon, du nucléaire? On tourne en rond!

Une autre matière première pourrait un jour remplacer ce fameux pétrole : le bore. La majorité des réserves mondiales sont situées en Turquie et pourraient être utilisées sous peu pour produire une super pile à combustion...

D'un autre côté, tenter de remplacer le pétrole est-il vraiment une solution? En occident, notre consommation d'énergie augmente sans cesse. Mais c'est dans les pays émergents que la croissance est la plus marquée. Jusqu'où notre planète pourra-t-elle supporter cette course folle à l'énergie? La fin prochaine des réserves de pétrole nous donne pourtant une occasion unique. Ne remplaçons pas le pétrole, faisons autrement...

Pour en savoir plus, lire les articles

Source : Le Bore, le carburant du futur? par Thivierge, Jade, école secondaire Soulanges.


24 juillet 2008
À bas le recyclage!!


La Roumanie est un pays aux paysages vraiment magnifiques avec une nature d'une beauté impressionnante, mais souvent gâchée par des tas d'ordures... c'est un peu triste...
Si vous pensez que c'est seulement un titre accrocheur, détrompez-vous. Je le dis et le redis. « À bas le recyclage!! » Et là attention, je ne dis pas d'arrêter, au contraire! J'ai vu le résultat en Roumanie, une catastrophe! Des bouteilles, des sacs de plastique partout. Mais le recyclage est devenu pour moi un mal nécessaire... une solution temporaire en attendant mieux...

Ne trouvez-vous pas ridicule de fabriquer des produits qui ne servent souvent qu'une seule fois? Les triples emballages inutiles; les bouteilles d'eau en plastique; les appareils électroniques jetables! Prenons exemple sur la nature. Elle ne recycle pas, elle réutilise dans un cycle sans fin. Au Canada, nous avons une gestion des déchets qui permet de cacher ce problème. On se débarrasse des déchets et on ne les voit plus, c'est pratique. En plus, on recycle alors on est content et on se sent écolo! Mais lorsque j'ai parcouru la Roumanie, j'ai bien vu la quantité énorme de plastique que nous consommons. C'est plus facile de se rendre compte ici, il ne recycle pas et la gestion des déchets est quasi inexistante.

C'est d'ailleurs un énorme problème pour ce pays. S'ils voulaient simplement ramasser les déchets qui sont déjà dans la nature, ils n'auraient pas assez de sites d'enfouissement! Et la Roumanie se développe à un rythme très accéléré. Les Roumains ont découvert les joies de la consommation et ils veulent en profiter! Le problème ne fera donc qu'augmenter si rien n'est fait. Solution à court terme, commencer à recycler et éduquer la population... mais si ces produits jetables n'existaient pas, le problème serait déjà résolu... donc, à bas le recyclage!

Source : Les Roumaintenance, par Rheaume, Tiffany, école secondaire Soulanges.


17 juillet 2008
Série de malchances


Les plages de la mer Noire en Bulgarie sont un endroit idéal pour une longue convalescence! 12 jours de repos sur les plages!!
Près de mille kilomètres en une semaine pour traverser la Roumanie. À la mer Noire, je suis totalement épuisé, mais très motivé et confiant. Et j'avais prévu deux jours sans vélo pour me reposer dans un camping. Mais je n'avais pas remarqué qu'il y avait trois boîtes de nuit tout près du camping. Et en Roumanie elles ferment au lever du soleil!!

Deux nuits blanches. Eh oui, je suis resté deux nuits, car les boîtes de nuit devaient être fermées le lundi. Sauf qu'elles ignoraient ce détail! Pendant la deuxième nuit, je fais de la fièvre. Au matin, je dois partir. Je roule alors vers la Bulgarie où il doit y avoir plusieurs campings sur ma route.

Premier camping sur ma liste, jamais trouvé. Et ce sera comme ça toute la journée. 100 km plus loin, je suis vraiment à bout, je trouve alors un hôtel et je m'effondre sur le lit dans lequel je resterai cloué pour les 36 prochaines heures.

C'est dans cet état que j'ai appris la mauvaise nouvelle. Près de la moitié des lettres qui m'avaient été promises ne sont jamais arrivées. J'ai donc échoué à convaincre tous ces jeunes de l'urgence d'agir. Pourtant, depuis mon départ, j'ai vu tellement de choses, que le sentiment d'urgence n'a fait qu'augmenter!!

Et le plus difficile pour moi en ce moment est qu'à chaque fois que j'ai du mal à avancer, je pense qu'un jeune a écrit une lettre pour CE kilomètre difficile. Ça m'aide très souvent à avancer et je me sens moins seul... mais bientôt, très bientôt même, il ne restera plus de lettre... là je serai vraiment seul sur la route...


10 juillet 2008
Pollution de guerre


Le Wasserturm de Vucovar est devenu un symbole pour les gens de cette région de Croatie.
J'en avais entendu parler. Vu les images à la télé. La guerre ce n'est pas très drôle, pas drôle du tout! Lorsque j'ai traversé mes premiers champs de mines... je ne me suis pas senti bien. Puis, j'ai traversé une première ville, les signes étaient trop évidents. Des façades de maisons criblées de balles. Des bâtiments, un peu partout, visiblement bombardés et laissés dans cet état depuis. Plusieurs penseront que je suis trop sensible, trop impressionnable. Je ne suis pas d'accord. Quand je pense à ce que les gens ici ont vécu... et qu'ils me sourient, me posent des questions sur mon tour du monde, je me sens inutile, ridicule même.

Saviez-vous que l'OTAN, dont fait parti le Canada, a bombardé un complexe pétrochimique à Pancevo près de Belgrade? Résultats, des tonnes de produits chimiques se sont répandues dans la nature, dans le Danube notamment. Cette région est maintenant écologiquement morte! Des bombes à l'uranium appauvri ont aussi été utilisées, certaines n'ayant pas explosé. Elles attendent qu'un fermier les heurte avec sa machinerie pour se manifester, causant d'inévitables ravages.

Des mines, des ruines, des produits toxiques, des bombes qui trainent ça et là... après la guerre, c'est à qui de ramasser les dégâts?

En traversant le Nouveau-Brunswick en avril, j'ai longé le fleuve St-Jean près de Gagetown. J'ai clairement entendu, de très loin, les tirs de l'artillerie canadienne qui s'entraîne. Un son sourd qui frappe dans la poitrine. J'essaie seulement d'imaginer entendre ce son et ne pas savoir où tombera cette bombe...

Sources : La Serbie, bombardée, par Véronique Paulin, école secondaire Soulanges; L'uranium appauvri, par Marco Sauvé, école secondaire Soulanges.


3 juillet 2008
Mon guide, le Danube...


Un fleuve magnifique qui longe plusieurs pays. Ici, il fait office de frontière entre la Roumanie à droite et la Serbie à gauche.
Plus d'un mois que je suis fidèlement ce fleuve, depuis l'Allemagne jusqu'en Roumanie en passant par la Slovaquie, la Hongrie, la Croatie et la Serbie. Plusieurs fois, lorsque j'étais perdu, je me suis demandé « où est le Danube? ». Et la réponse me permettait presque à tous les coups de retrouver mon chemin. Franchement, je l'ai aimé ce fleuve. Majestueux, sauvage ou tranquille, il a tellement de visages qu'après tout ce temps passé à ses côtés, je ne m'en suis pas lassé. Mais toute cette beauté cache des problèmes bien réels, le Danube est en danger...


Difficile de savoir quelle quantité de polluants contiendra le poisson pêché aujourd'hui.
Il est déjà attaqué de toutes part. L'agriculture intensive avec son lot d'engrais chimique et de pesticides, les usines polluantes sur ses rives dans des régions où les normes ne sont pas toujours assez sévères ou respectées, les inévitables accidents écologiques dans le transport de produits dangereux sur ses eaux, sans compter les constructions humaines qui entravent son parcours. J'ai pu constater à quel point ce fleuve est endigué sur une bonne partie de sa longueur.

Heureusement, il semble que les pays impliqués sont conscients du problème et veulent trouver des solutions. Par contre, les inégalités économiques entre les pays touchés ainsi que certains conflits entre eux ralentissent quand même l'établissement d'un plan commun et efficace. Il est pourtant plus qu'urgent d'agir!

J'ai vu tellement de gens vivre prêts de ce fleuve magnifique, vivre de ce fleuve. Ces gens mangent tous les jours des poissons qui y sont pêchés... et vous, vous en mangeriez?

Source : Au secours, Danube, par Lacroix, Julie, école secondaire Soulanges.


26 juin 2008
Le Rhin, un grand fleuve?


La route du Rhin permet de parcourir le fleuve à vélo de sa source à la mer du Nord.
Lorsque l'on est habitué à vivre près d'un grand fleuve comme le St-Laurent, il est difficile de considérer les fleuves européens comme de grands fleuves. Et pourtant...

La première fois que j'ai suivi le Rhin à vélo de sa source à la mer du Nord, plusieurs choses m'avaient surpris. La densité de population sur ses rives par exemple est impressionnante. En fait, le Rhin fournit de l'eau potable à plus de 20 millions d'habitants et son bassin versant touche neuf pays. De plus, une navigation commerciale et touristique intense le parcourt. C'est que le Rhin relie le plus grand port du monde, Rotterdam, à une grande partie de l'Europe. C'est dire son importance économique!

Il y a quelques années déjà, plusieurs ont sonné l'alarme. L'équilibre du Rhin était rompu. La flore et la faune étaient en danger ou même complètement disparues. L'eau potable de plus en plus difficile à produire . Une commission fut alors créée, la CIPR, qui a eu comme mandat d'établir un plan d'action pour rétablir l'état naturel du fleuve.

On peut dire aujourd'hui que les progrès sont visibles. J'ai personnellement vu des gens se baigner dans le fleuve (ce qui aurait été impensable il y a quelques années) et les amateurs de pêches aux saumons sont de retour. Il y a donc de l'espoir si tous se donnent la main et travaillent dans la même direction. Notre fleuve à nous n'est pas non plus à l'abri de la pollution et des catastrophes écologiques peuvent survenir. Il est important d'en prendre soin.

Source : La pollution du Rhin, un grand fleuve européen, par Asselin, Joanie, école secondaire Soulanges.


19 juin 2008
Les pollueurs sous surveillance

Rotterdam, le plus grand port du monde. Des installations gigantesques, avec des usines pétrochimiques sur des dizaines de kilomètres. Et pourtant peu de pollution visible. Comment est-ce possible?


J'ai eu la chance d'interviewer, M. Hofman directement du centre de contrôle de la DCMR. Un endroit névralgique pour la surveillance environnementale.
J'ai eu la chance de rencontrer M. Hofman, ingénieur et employé de la DCMR de Rotterdam. Cet organisme, comptant pas moins de 13 inspecteurs, surveille cet immense complexe industriel, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Mais ces inspecteurs ne travaillent pas seuls, les millions d'habitants de la région participent aussi à la surveillance. C'est en recevant les plaintes des citoyens que les inspecteurs entrent en action et commencent leur enquête. « Selon moi, cet organisme est unique au monde. Des représentants de tous les pays viennent régulièrement nous visiter », me disait M. Hofman.

Les enquêtes c'est bien joli, mais la DCMR a-t-elle quelques pouvoirs pour faire appliquer les règlements? « Bien sûr! Et les amendes sont très importantes et sont renouvelées jusqu'à ce que l'entreprise soit conforme. Même les grandes pétrolières finissent par se plier à nos demandes. »

Et ce n'est pas sans fierté qu'il m'expliquait l'étendue des responsabilités de l'organisme. En effet, ils considèrent le problème de la pollution de façon intégré. « Nous traitons autant les plaintes relatives au bruit (d'une boîte de nuit par exemple) que de toutes les petites et moyennes entreprises qui pour une raison ou pour une autre ne respecteraient pas les règles environnementales. Nous sommes également responsables de la gestion de crises advenant un accident environnemental nécessitant ou non des évacuations », explique M. Hofman.

Et si vous pensez, comme plusieurs, que tous ces règlements nuisent à la croissance économique, sachez que le port de Rotterdam est à agrandir ses installations afin de répondre aux entreprises qui souhaitent encore s'y installer...

Pour en savoir plus sur la DCMR.


12 juin 2008
Les Pays-Bas

J'aime les Pays-Bas. La première fois que j'y suis venu, j'ai été séduit dès les premiers instants. Difficile d'expliquer une émotion. Disons que je me sens bien ici; les gens, les villes, la campagne, tout me plait ici. Mais plus que tout, c'est en tant que cycliste que ce pays me touche particulièrement...


Il est impressionnant de voir l'espace nécessaire pour le stationnement de vélos. Imaginez l'espace perdu pour la même quantité de voitures.
La première fois que vous êtes pris dans un embouteillage de vélo à un feu rouge, c'est plutôt surprenant! Imaginez, vous pouvez croiser un homme en veston-cravate allant au travail, un couple en tenu de gala, la dame assise en amazone sur le porte-bagages arrière, qui va à une soirée.

Ici, le cycliste n'est pas un citoyen de deuxième zone, quelqu'un qui n'a pas les moyens d'avoir une voiture ou simplement quelqu'un qui fait du sport. Non, ici le cycliste fait parti des usagers de la route. Mais encore mieux, le vélo a ses propres routes, sa propre signalisation! C'est un mode de vie! Il est souvent plus rapide de se rendre à un endroit à vélo qu'en voiture ou même en transport en commun! Les villes sont adaptées aux vélos et non l'inverse...

Le vélo est le moyen de déplacement le plus efficace jamais inventé par l'homme. Les Hollandais semblent l'avoir compris. Maintenant, il faut seulement que, chez nous aussi, nous créions des espaces qui profitent de ce moyen de transport plutôt que de bâtir des villes pour les voitures. Une ville créée pour le vélo c'est une ville à l'échelle humaine...


27 mai 2008
Vivre sur l'eau!!!


Ce gigantesque barrage empêche les grandes marées d'envahir les terres intérieures des Pays-Bas. Cette construction a évité d'avoir à hausser des centaines de kilomètres de digues.
J'ai été impressionné la première fois que j'ai roulé au bord de la mer, de m'apercevoir que les fermes à ma droite étaient cinq mètres plus bas que le niveau de l'eau à gauche! En effet, les Pays-Bas ont le quart de leur territoire au-dessous du niveau de la mer!!

Les Hollandais ont, depuis très longtemps, appris à vivre avec la menace d'inondations. Ils les ont même déjà utilisés comme avantage militaire, inondant les terres sur lesquelles les envahisseurs avaient osé s'aventurer!!



La maquette de la porte antitempête « Maeslantkering » peut être fermée lors de grosse tempête en mer du Nord, protégeant ainsi le port de Rotterdam.
Avec le réchauffement climatique, les risques augmentent considérablement. Ainsi, après les inondations catastrophiques de 1953 (près de 2000 morts), les Hollandais ont établi une hauteur maximale que l'eau peut atteindre dans la pire des situations et haussé les digues en conséquence.

Mais voilà que depuis quelques années, cette hauteur limite ne tient plus, le niveau des océans augmentant jusqu'à 2 mm par an selon l'endroit, chaque élévation de 1 cm représentant 1 mètre de terre inondée. Des centaines de kilomètres de digues devront à nouveau être haussées, représentant un coût très élevé.


Difficile de s'imaginer la taille titanesque de ces portes. Remarquez le camion en bas à gauche de la photo.
Mais les Hollandais, qui sont parmi les moins grands émetteurs de GES par habitant de l'Europe, souhaitent maintenant aller plus loin. Ils veulent se protéger des inondations tout en laissant la nature suivre son cours. Ils ont créé le concept de quartier aquatique dans lequel les gens continueraient à vivre normalement tout en étant inondés!

Un exemple pour tous ceux qui souhaitent contrôler la nature plutôt que de vivre en harmonie avec elle!


Source : Alerte aux inondations!, par Maheu-Drouin, Alexandra, école secondaire Soulanges.


20 mai 2008
Mea Culpa

J'en ai fait et j'en ferai encore! Les erreurs permettent d'apprendre bien plus rapidement que les succès. Mais avec mon expérience de cyclo, il y en a quelques-unes que je regrette plus que d'autres.

Ce voyage est différent de tous les autres que j'ai faits avant aujourd'hui. J'ai donc pensé faire les choses autrement, innover, avoir l'équipement parfait, le mieux adapté au périple que je devais vivre. Après maintenant un mois de voyage, je dois reculer sur plusieurs aspects. Revenir aux bonnes vieilles habitudes de toujours. Peut-être pas le matériel parfait, mais celui avec lequel je suis à mon aise, confiant.

Ma vieille tente est présentement au-dessus de l'océan Atlantique sur le point de retrouver la place qui lui revient, sur mon porte-bagage arrière. Elle viendra pour remplacer mon hamac, terriblement confortable, mais que je ne me suis pas habitué à utiliser. Nombre de fois j'ai hésité à camper avec lui. Trop de vent, trop de pluie, pas vraiment d'arbre. Je n'avais tout simplement pas confiance en lui.

Malheureusement mon vieux vélo lui, mon trek avec lequel j'ai parcouru plus de 60 000 kilomètres et qui n'a eu que quelques crevaisons, est resté bien au chaud chez moi. Il avait commencé l'an dernier pendant mon voyage en Roumanie à montrer des signes de fatigue. Je ne le croyais plus capable de supporter un tel voyage. Mais à bien y penser, je suis certain que lui ne m'aurait jamais laissé tomber... il me manque terriblement aujourd'hui...


13 mai 2008
Le monde à l'envers (ou La puissance des réflexes)


Sans aucun doute dans le but d'aider les touristes, plusieurs grandes villes indiquent de quel côté il faut regarder! Amusant non?
Avez-vous déjà réalisé le nombre incalculable de choses que vous faites sans même y penser? Marcher, écrire, conduire. Toutes des tâches extrêmement complexes quand on y songe. Pourtant, pas besoin d'y penser, les réflexes souvent chèrement acquis font tout le travail! Mais qu'arriverait-il si le monde était soudainement à l'envers? Que tout était inversé?

C'est l'expérience étrange que j'ai vécue en Irlande. Beaucoup de mes réflexes de cycliste d'expérience me nuisent ici. Déjà, rouler à gauche de la route crée un certain inconfort. Mais, lorsqu'il faut tourner à droite, quelle expérience! Plus d'une fois, je me suis retrouvé à l'envers de la circulation, les Irlandais me souriant joyeusement en voyant mon air surpris d'arriver, face à face avec une voiture! Une autre chose étrange que j'ai mis plusieurs kilomètres avant de comprendre, c'est que je ne voyais jamais les indications à temps sur la route. J'ai réalisé que mes yeux les cherchaient à droite alors qu'évidemment ils étaient à gauche!!

En plus, mon cerveau détecte constamment des signes de danger alors qu'il n'y en a pas. Une voiture qui arrive par la droite, c'est normal ici. J'ai mis un certain temps avant de me sentir vraiment à l'aise.

Une inquiétude demeure cependant. Qu'arrivera-t-il en cas de réelle urgence? Une situation dans laquelle on n'a pas le temps de réfléchir et où les réflexes devraient me permettre de sortir indemne de la situation? De quel côté tournera alors ma roue de vélo?


13 mai 2008
Petit geste deviendra grand!


Il y a des endroits plus difficiles que d'autre pour travailler. Arrêt obligé dans un parc de la ville médiévale de Bruges en Belgique.
La préparation de mes bagages n'a pas été de tout repos et j'ai essayé de n'apporter que l'essentiel. J'ai ainsi décidé de me munir d'un petit ordinateur portable. C'était important pour moi afin de rester en contact avec tous ceux qui me suivent. Mais est-on vraiment conscient de ce qu'utiliser un ordinateur implique pour la planète?

Nous sommes maintenant tellement habitués à tous ces appareils électroniques que nous n'y prenons plus attention. Ici au Royaume-Uni, ils se sont posé la question, et ce qu'ils ont découvert est pour le moins surprenant! 18% des Anglais ne ferment jamais leur ordinateur au bureau. Ce petit geste individuel simple peut devenir un réel problème quand autant de gens ne s'en préoccupent pas. Ainsi, la consommation électrique de tous ces appareils produit autant de gaz à effet de serre que 120 000 4x4! Alors si vous pensez toujours qu'un petit geste est inutile!!


L'Europe investit de plus en plus dans les énergies renouvelables. Ici des éoliennes installées assez loin de la côte pour ne pas être visibles. Vent et discrétion assurée!!
On oublie parfois au Québec que nous sommes privilégiés d'avoir l'hydroélectricité. Mais sur la planète, nous sommes l'exception! Au Royaume-Uni par exemple, le charbon est encore largement utilisé pour produire de l'électricité. Au moins, le gouvernement anglais s'est fixé des objectifs de réduction des GES très ambitieux dépassant même les cibles de Kyoto de 7.5%.

Plusieurs solutions sont envisagées par les Anglais afin d'atteindre leurs objectifs, dont les éoliennes. C'est une technologie encore dispendieuse, mais qui peut devenir économique à long terme. Le problème à l'échelle de la planète est que les pays moins riches n'ont souvent pas les moyens de payer pour ces technologies moins polluantes... sans compter ceux qui ne font rien!

Source : Le Royaume-Uni : pourtant si parfait..., par Menard, François, école secondaire Soulanges.


5 mai 2008
Un vol pas comme les autres


Malgré tous les problèmes d'avion, je suis quand même bien arrivé en Irlande. Tout le monde à gauche!
Je suis debout au premier bip de mon cadran, très excité à l'idée de prendre l'avion pour l'Irlande. Un petit 40 kilomètres pour me rendre à l'aéroport. Comme tout bon aéroport en Amérique, impossible d'y aller sans prendre une autoroute. On ne pense jamais au vélo...

Arrivé à l'aéroport, je prends une heure et demie pour démonter mon vélo. À chaque fois c'est avec inquiétude que je le vois dans l'avion. Mais cette fois n'est pas comme les autres! Je prends un aller simple, pas de retour de ce côté-ci du monde!!

Les douanières sont intriguées par mes bagages, elles décident de fouiller. Je suis souriant, je n'ai rien à cacher. J'ai passé les douanes avec mon vélo des dizaines de fois dans les dernières années. Mais cette fois n'est pas comme les autres!!

Les douanières commencent à renifler dans mes bagages et trouvent que ça sent la graisse. C'est normal c'est un vélo! Pas satisfaites, elles commencent à ouvrir le moindre sac, sentir dans tous les petits pots, me questionnent sur tout. Une heure et les douanières ne sont toujours pas satisfaites! Elles décident donc de demander à la renifleuse en chef de venir. Celle-ci est sans appel, les bagages ne peuvent pas embarquer dans l'avion parce qu'il y a risque d'explosion!!!

Après une soirée à tout nettoyer, je me représente à l'aéroport pour prendre le vol suivant. Cette fois, aucune question! Non vraiment, cette fois n'est pas comme les autres.


5 mai 2008
Le premier coup de pédale


Chaque petit geste compte, le plus difficile est de faire le premier pas! Ce jeune sympathique sensibilise les gens qui sortent des restos rapides avec des tasses à café jetables.
Maintenant que j'ai plus de 1000 km dans les mollets, je peux en parler librement. Lorsque j'étais sur la ligne de départ avec les élèves qui devaient m'accompagner pour les 60 premiers km du tour du monde, plusieurs choses se passaient dans ma tête. Les gens présents ont du penser que je trouvais la cérémonie un peu trop longue, trop de discours, trop hâte de partir!

En réalité, j'étais un peu confus. Imaginez un enfant de 3 ans à son premier cours de natation, il se cramponne à l'échelle de peur d'aller à l'eau! On doit le tirer de force! Mais une fois lancé, essayez donc de le faire sortir! Sur la ligne de départ, j'étais fermement accroché à l'échelle, une peur terrible au ventre!!!

« et le premier coup de pédale arriva! »

Le premier de plus de 10 millions qui suivront. Pas le plus facile, mais certainement pas le plus dur. J'ai appris avec le temps que la peur est importante, que celui qui n'a peur de rien, en réalité, n'avance plus. Il ne faut donc pas l'éviter, mais l'affronter! Chaque peur affrontée fait avancer aussi surement qu'un coup de pédale...

Ce voyage autour de la planète sera pour moi l'occasion d'affronter des tonnes de mes peurs! Autant de frontières dépassées feront certainement de moi quelqu'un d'autre. Quelqu'un de meilleur j'espère! Ce ne sera certainement plus celui qui était sur la ligne de départ, la peur au ventre... en fait, celui-là n'existe déjà plus...


28 avril 2008
Un vrai hiver!!


Je me souviens des hivers lorsque j'étais enfant. J'ai construit des forteresses de neige magnifique, gigantesque! Des heures et des heures de plaisirs dans une neige abondante! J'y pense d'autant plus que cet hiver 2008 ressemble plus à ceux de mon enfance qu'aux hivers des dernières années.

Mais les changements climatiques ne font maintenant plus aucun doute. Les impacts les plus évidents se situent souvent à des milliers de kilomètres d'ici. Les glaciers par exemple, sont des signes probants que quelque chose se passe. Il en existe plus de 200 000 couvrant près de 10 % du territoire. On sait peu de choses sur ces mastodontes, car seulement une centaine sont suivis; ils sont pourtant très importants car ils donnent naissance à de nombreuses sources d'eau potable et alimentent ainsi des rivières. Un grand nombre auront disparu d'ici 10 à 20 ans. Nul doute que les premiers à en souffrir seront les personnes les plus démunies, privées d'eau pour leur consommation et l'irrigation de leurs cultures.

Plusieurs solutions sont connues pour ralentir le réchauffement. Lutte contre le gaspillage d'énergie; utilisation d'énergies renouvelables; prévention de la déforestation. Il ne reste qu'à se mettre à l'œuvre maintenant avant qu'il ne soit trop tard.

Personnellement, je suis content que les enfants d'aujourd'hui aient eu la chance de vivre un vrai hiver. Ma crainte est que leurs enfants n'aient pas cette chance. Peut-être que vos enfants diront aux leurs, un jour : « Moi j'ai déjà vécu un vrai hiver. Je m'en souviens encore... c'était en 2008. »

Source : La fonte des glaciers, par Julie Delattre, école secondaire Soulanges.


10 avril 2008
Et c'est parti!!


Après une cérémonie très émouvante, le décompte lance les cyclistes vers le tour du monde.
Enfin le grand départ! Après des jours et des mois de préparations, de rencontres dans les écoles, de recherches incessantes, d'inquiétudes aussi, je suis enfin sur la route. Beaucoup d'obstacles m'attendent tout au long de ce parcours. Des déserts, des steppes immenses, la jungle... et que sais-je encore! Mais le départ, chez moi, n'aura pas été non plus de tout repos! Un hiver exceptionnel! Et ce printemps tardif qui complique le départ, mais aussi augmente le défi. Un bon 25 cm de neige à Québec le 12 avril! J'aurais deux mots à dire à la marmotte! Dans mes bagages, déjà bien remplis, ont dû s'ajouter des vêtements d'hiver, sac de couchage -12º, chauffe-orteils! Ce ne sera pas le dernier imprévu de ce périple.

Malgré tout, je fonce droit devant. Advienne que pourra! À savoir si je suis prêt à partir, la réponse est non. Si j'attendais de me sentir prêt, je ne partirais jamais. Des zones grises subsistent, des centaines de décisions de dernières minutes m'attendent. Des oublis aussi, certainement très nombreux. Trop peut-être? Je le découvrirai au hasard de la route... ça, c'est la vraie aventure!

Et le départ a été très émouvant. Cette dose d'énergie de la part de mon école me permettra de me rendre jusqu'en Asie! Ce sera un souvenir précieux qui m'accompagnera tout au long de ma route. Pour moi, dans les moments de doutes, d'épuisement et de découragements, lorsque j'aurai le goût d'abandonner, ce sera un important élément de motivation.

Un jour... un petit garçon...


C'est un homme heureux qui part réaliser son rêve.
Un jour, un petit garçon de 7 ans a commencé à rêver de la planète. Il s'est mis en tête de voir toutes ces merveilles qu'on lui avait racontées. Un rêve très lointain, impossible... ou presque! Trente-trois ans plus tard, ce rêve est sur le point de se réaliser. Mais le rêve du petit garçon a grandi... tout comme lui...

Dans ces chroniques, je me propose de vous raconter le rêve de ce petit garçon. Je vous ferai vivre ses émotions, ses expériences, mais aussi ses découvertes. Parce que depuis la naissance de ce rêve, la planète a changé. Et, malheureusement, pas toujours pour le mieux. Elle est toujours belle, bien sûr, mais aussi plutôt malade. C'est cette histoire de découverte, de rencontres fabuleuses que je me propose de partager avec vous.

Ce rêve a maintenant pris la forme d'une quête. Une façon originale d'attirer l'attention du monde. De vous convaincre qu'il est maintenant temps d'agir. Pour cela, je rêve maintenant qu'au moins 40 000 jeunes de partout au Canada m'aident dans cette tâche. Un jeune pour chacun des kilomètres que je compte parcourir. Que chacun s'engage, à sa façon, à agir pour leur planète. Mais aussi, qu'ils écrivent leurs préoccupations au Premier ministre du Canada, qu'ils lui demandent son aide. Moi, je m'engage à transporter ces lettres jusqu'à Ottawa. Déjà, plus de 13 000 jeunes ont répondu à l'appel, et ce, dans 43 écoles. D'autres répondront bientôt...

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Tous les détails de son aventure sur www.cyclonomade.com.