Les modifications corporelles

Après le tatouage et le piercing, de nouveaux modes de modifications corporelles extrêmes s'imposent. Qu'il s'agisse de la scarification ou du port des implants sous-cutanés, des " primitifs modernes " brutalisent leur corps pour défier la douleur. Cet épisode tente de comprendre pourquoi et comment ces adeptes lacèrent leur corps pour marquer, de façon indélébile, un passage important dans leur vie. Introduisez-vous dans ce monde marginal, où ici même au Québec, se forme peu à peu une communauté!

Avec :
Bic, adepte de la modification corporelle et perçeur
Nathalie Jobidon, adepte de la modification corporelle
Michèle Asselin , adepte de la modification corporelle
Pierre Black , précurseur du perçage à la tête de Black Sun Studio depuis plus de 14 ans
Normand Ouelette , adepte du tatouage et propriétaire de la boutique Tatouage Totem et Tabou et artiste tatoueur
Cynthia Boisclair , adepte de la modification corporelle et artiste au studio d'art corporel Excentrik
Dominic Ducharme , adepte de la modification corporelle
Jean Gauthier , adepte du tatouage depuis plus de 30 ans
Dr Pierre Ricard , dermatologiste
Sylvie-Anne Lamer , sociologue des religions et sexologue

Faits :
La scarification :
Le mot scarification vient du latin scarificare, qui signifie « inciser ».

Le mot tatouage vient du tahitien « tataus », qui signifie marquer ou dessiner. La racine du mot renvoie aux verbes frapper et inciser.

La scarification laisse volontairement des cicatrices visibles lorsque l'aspect esthétique est au coeur de la démarche. Elle fait partie des modifications corporelles et s'apparente au tatouage.

La scarification sociale a une origine ancienne, elle est couramment pratiquée en Afrique (particulièrement en Afrique de l'Ouest) où elle a remplacé le tatouage qui se distingue mal sur les peaux sombres.

La scarification sociale revêt une signification particulière: il peut être un rituel de passage à l'âge adulte ou signifier une appartenance à un groupe restreint.

Les aborigènes d'Australie et certaines tribus de Nouvelle-Guinée pratiquent ou ont pratiqué la scarification.

En Occident, cette pratique a attiré les adeptes de modification corporelle qui la nomme parfois « cutting » (ou « burning/branding » selon la méthode utilisée).

Dans le cadre des modifications corporelles, on distingue deux sortes de scarification : les scarifications en relief (branding) et les scarifications en creux (cutting).

Le tatouage:
Le mot tatouage vient du tahitien « tataus », qui signifie marquer ou dessiner. La racine du mot renvoie aux verbes frapper et inciser.

Le Docteur Berchon, traducteur du deuxième voyage de Cook vers Tahiti en 1772, employa pour la première fois le mot tatou. En 1858, ce mot fut officiellement francisé avec tatouage et fit son apparition dans le dictionnaire de Littré.

Les raisons pour lesquelles les gens choisissent d'être tatoués sont diverses : identification à un groupe, cosmétique, rituel religieux et utilisations magiques sont les plus fréquentes.

À travers l'histoire, les gens ont aussi été tatoués de force pour de nombreuses raisons. La plus connue est l'identification des individus dans les camps de concentration pendant l'Holocauste.

Le perçage :
Le mot « piercing » vient de l'anglais « pierce », qui signifie percer. Le mot exact en anglais est « body piercing » (perçage du corps).

Le piercing à l'ancienne :
La pratique de la perforation du corps pour y insérer un ornement est ancienne. Déjà au néolithique, en Afrique, des labrets en pierre étaient insérés au niveau de la lèvre inférieure ou aux lobes des oreilles.

Plus tard en Égypte, des boucles d'oreilles en or étaient portées par les hommes de haut niveau social.

La perforation du nez et des oreilles est mentionnée dans la Bible. Dans la genèse 24:22, le domestique d'Abraham a donné des boucles d'oreilles et des bracelets à Rebecca, épouse de son fils Isaac.

En Amérique, la perforation de la langue était populaire dans l'élite de la civilisation aztèque et maya, bien qu'elle ait été effectuée en tant qu'élément rituel non permanent.

Ces civilisations précolombiennes portaient des bijoux aux oreilles, aux nez, et aux lèvres inférieures. De telles décorations sont encore populaires parmi les peuples autochtones de ces régions.

En Inde, les piercings au nez sont couramment portés par les femmes depuis le 16ième siècle.

Le piercing d'aujourd'hui :
La perforation des oreilles existe depuis l'Antiquité, y compris durant le XXe siècle. Aux États-Unis, cette pratique est devenue relativement rare entre les années 20 et 60. Depuis, elle a regagné du terrain parmi les femmes américaines et a été adopté par les hippies, les communautés gays et la culture punk.

Dans les années 70, la perforation des autres parties du corps a gagné en popularité dans la culture gay. En 1975, Jim Ward a ouvert The Gauntlet à Los Angeles, premier magasin de piercing en Amérique.

Dans les années 80, la perforation des oreilles chez les hommes est devenue commune dans le monde occidental. Même si les hommes ont pour habitude de percer qu'une seule oreille.

Aujourd'hui, le piercing est devenu une véritable mode et s'est progressivement répandu dans toutes les couches de la population. Le piercing correspond à une volonté esthétique ou une démarcation sociale. Ainsi, le piercing a pour but l'amélioration de son apparence, la volonté de se distinguer de l'ensemble de la population ou le désir de s'associer à un groupe particulier.
Sites Internet :
Burning Monk Tattoo
Salon de tatouage et de perçage
http://www.burningmonktattoo.c...

Black Sun Studio
Salon de perçage
http://www.blacksunstudio.com

Studio Excentrik
Salon de modifications corporelles
http://www.percage-excentrik.c...

Tatouage Totem et Tabou
Salon de tatouage
http://www.totemettabou.com



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