Presse
Montréal, le 23 novembre 2009
Un manifeste pour la liberté de création :
RIP! Remix Manifesto
Dimanche 29 novembre, 19 h
En rappel le lundi 30 novembre, 13 h
Saviez-vous que pour utiliser la chanson « Happy Birthday » vous devez payer des droits à Warner/Chappel, le plus important éditeur de musique au monde? Voilà un exemple frappant, parmi tant d'autres, de la mainmise exercée par quelques grandes compagnies qui ont mis sous clé la culture populaire. Le dimanche 29 novembre à 19 h, RIP! Remix Manifesto, du réalisateur montréalais Brett Gaylor, fait une attaque en règle sur la façon dont la culture corporative nuit à la liberté d'expression. Comment? En profitant à outrance du droit d'auteur.

Une fois sa journée de travail terminée, Gregg Gillis, ingénieur biomédical, se glisse dans la peau de Girl Talk pour faire danser des milliers de jeunes. Son succès, il le doit à l'échantillonnage, soit en s'appropriant des extraits de milliers de pièces de musique pop qu'il décompose et réarrange pour écrire de nouvelles chansons. Pour son public, il est un génie visionnaire. Pour les six compagnies qui se partagent 90 % des entreprises médiatiques aux États-Unis, il est un pirate violant les lois sur la propriété intellectuelle.

Depuis que nos voisins du Sud sont passés d'une économie d'objets à une économie d'idées dans les années 90, les sociétés ont entrepris des mesures extrêmes. Le lobby du divertissement a forcé le gouvernement américain à adopter des lois : la durée du droit d'auteur pour les entreprises est aujourd'hui de 95 ans alors que les droits de l'auteur sont protégés jusqu'à 70 ans après sa mort. Conséquence : on a perdu le contrôle du droit d'auteur alors que des empires le manipulent pour en faire profit aux dépens de tout le monde.

Pourtant, « le partage est l'essence même de la création, car personne ne peut créer dans le vide! », affirme le légendaire musicien brésilien Gilberto Gil, aussi ex-ministre de la Culture. Des maîtres du dadaïsme au « Pop Art » de Warhol, en passant par Disney et les Rolling Stone, des géants se sont inspirés de ce qui existait dans la culture populaire pour créer une œuvre. Toute chose étant issue d'une autre, le manque d'échanges nuit au savoir. D'ailleurs, le Brésil est considéré comme un précurseur face à la propriété intellectuelle et favorise une approche à son image : tout en métissage. Et pas seulement dans le domaine de la musique; le pays n'a pas hésité à développer ses propres produits contre le VIH pour une fraction du prix, faisant fi des brevets internationaux existants. L'objectif : rendre l'accès gratuit aux médicaments. Le Brésil a trouvé un équilibre entre la propriété intellectuelle et la relation de cette dernière avec le domaine public. En conclusion, le réalisateur Brett Gaylor lance la même invitation : « Emparez-vous de ce film. Mettez-le en pièces. Remixez-le. Recréez! (...) » conclut-il. Les téléspectateurs intéressés peuvent le faire en se rendant au lien suivant : http://www.opensourcecinema.org/.

Avec une abondance d'images léchées et de collages musicaux, RIP! Remix Manifesto fait un plaidoyer audacieux en faveur du « copyleft » à l'ère du partage de fichiers sur le Net. À ne pas manquer le dimanche 29 novembre à 19 h. Notez que le documentaire a remporté le Prix du public au Festival international du documentaire Amsterdam et le Prix du public au Festival du film de Whistler, en plus d'obtenir la Mention spéciale du jury au Festival du nouveau cinéma de Montréal en 2008.

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Pour information :
Jessica McEachern, relationniste
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